Motivation
Comprendre les mécanismes de la motivation pour aider les élèves à s’engager dans leurs apprentissages.
La motivation est au cœur des apprentissages. C’est le moteur qui pousse un élève à s’engager, à persévérer et à donner du sens à ce qu’il apprend. Sans motivation, même les meilleures méthodes pédagogiques peinent à porter leurs fruits.
Les recherches en neurosciences cognitives et en psychologie de l’éducation nous offrent aujourd’hui des clés précieuses pour comprendre ce qui motive vraiment les élèves, et comment nous pouvons, en tant qu’enseignants, cultiver cette envie d’apprendre.
Ce que disent les neurosciences
Selon Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et président du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN), l’engagement actif est l’un des quatre piliers fondamentaux de l’apprentissage, aux côtés de l’attention, du retour sur erreur et de la consolidation.
À retenir : Un organisme passif n’apprend pas. L’apprentissage est optimal lorsque l’élève alterne apprentissage actif et tests répétés de ses connaissances.
Les recherches montrent que la motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Le cerveau humain est particulièrement sensible aux sourires, au regard bienveillant des autres et à la conscience de progresser. Ces éléments constituent des récompenses en soi, bien plus efficaces que les récompenses matérielles.
La curiosité : moteur naturel de l’apprentissage
La curiosité est un signal spécifique de motivation à l’exploration des situations inconnues. Les neurosciences et l’imagerie cérébrale suggèrent que la curiosité active le circuit dopaminergique de la récompense. Ainsi, le simple fait de parvenir à apprendre constitue une récompense en soi pour le cerveau.
La théorie de l’autodétermination
La théorie de l’autodétermination (TAD), développée par les psychologues américains Edward Deci et Richard Ryan depuis 1985, est aujourd’hui l’une des théories les plus influentes en psychologie de la motivation. Elle distingue plusieurs types de motivation :
Motivation intrinsèque vs extrinsèque
- Motivation intrinsèque : l’élève s’engage spontanément dans une activité pour le plaisir et l’intérêt qu’il y trouve, sans attendre de récompense externe.
- Motivation extrinsèque : l’activité est réalisée pour atteindre un but externe (note, récompense, éviter une punition, répondre à une pression sociale).
- Amotivation : absence de motivation, l’élève ne voit pas le sens de ce qu’on lui demande.
Clé de compréhension : Les formes de motivation les plus autodéterminées ont les conséquences cognitives et comportementales les plus positives sur les apprenants en termes d’engagement, de persévérance et de réussite.
Les trois besoins psychologiques fondamentaux
Selon Deci et Ryan, trois besoins fondamentaux doivent être satisfaits pour favoriser la motivation intrinsèque :
- Autonomie : le sentiment d’agir selon sa volonté et ses choix, et non sous la contrainte.
- Compétence : le sentiment d’être efficace, de progresser et de maîtriser de nouvelles habiletés.
- Appartenance sociale : le sentiment d’être connecté aux autres, d’appartenir à un groupe.
État d’esprit fixe ou de croissance
Les travaux de Carol Dweck, professeure de psychologie à l’Université Stanford, ont mis en évidence l’importance des croyances que les élèves ont sur leur propre intelligence.
Deux visions de l’intelligence
- État d’esprit fixe (Fixed Mindset) : l’élève pense que ses capacités sont innées et ne peuvent pas changer. Face à l’échec, il abandonne ou se décourage.
- État d’esprit de croissance (Growth Mindset) : l’élève pense que ses capacités peuvent se développer avec l’effort et la pratique. L’échec devient une opportunité d’apprentissage.
À appliquer en classe : Valorisez le processus, l’effort et la persévérance plutôt que le résultat. Remplacez « Tu n’as pas réussi » par « Tu n’as pas encore réussi » pour encourager une vision dynamique de l’apprentissage.
Les recherches montrent que les élèves qui adoptent un état d’esprit de croissance sont plus enclins à persévérer face aux défis et obtiennent de meilleurs résultats, quel que soit leur milieu socio-économique.
Stratégies pour cultiver la motivation en classe
Des pistes concrètes issues de la recherche et des recommandations du CSEN.
Donner du sens
Expliquez clairement le but de chaque séance et le lien avec la vie quotidienne ou les apprentissages futurs.
Piquer la curiosité
Commencez par une question intrigante, un défi ou une situation-problème pour susciter l’engagement.
Offrir des choix
Permettre aux élèves de choisir (l’ordre des exercices, le support, le partenaire) renforce leur sentiment d’autonomie.
Fixer des objectifs atteignables
Des petits objectifs à court terme permettent de vivre des réussites régulières et renforcent le sentiment de compétence.
Valoriser l’effort
Félicitez la stratégie utilisée, la persévérance et les progrès plutôt que les capacités innées.
Créer un climat de confiance
Un environnement bienveillant où l’erreur est acceptée favorise la prise de risque et l’engagement.
Pour aller plus loin
Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale propose un MOOC gratuit intitulé « La psychologie pour les enseignants » qui comprend un module complet sur la motivation et la métacognition. Cette formation en ligne offre des éléments concrets et utiles dans toutes les disciplines et à tous les niveaux.
Ressource CSEN : La « Boîte à idées » du CSEN propose des pistes concrètes pour améliorer la motivation des élèves, fondées sur les approches ayant fait leurs preuves dans la recherche internationale.
Fiche de réflexion à télécharger
Une fiche pratique pour faire le point sur sa motivation : identifier ses centres d’intérêt, fixer des objectifs concrets et construire son plan d’action.
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